
La toxicité dans la maison

L'habitat, dernier refuge contre les agressions
extérieures? Hélas non, L'observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) estime que 5 millions de Français sont exposés de façon dangereuse à des substances toxiques qui stagnent dans
les logements. Les responsables? une cohorte de polluants qui se nichent parfois dans des endroits insoupçonnés.
Le radon, gaz radioactif, se retrouve
ainsi fréquemment dans les vides sanitaires et serait à l'origine en France de plusieurs milliers de cas annuels de cancers du poumon, selon l'OQAI. Les composants organiques volatils
(COV), issus de la chimie, sont d'autres pollueurs insidieux. Largement utilisés dans la fabrication de matérieux d'aménagement et de décoration (peinture, vernis, colles, nettoyants, bois
agglomérés, tissus...), ils le sont tout autant dans les produits ménagers et de bricolage, cette dernière activité conduisant à succomber aux formules prêtes à l'emploi et à séchage
rapide (toutes composées de substances fortement toxiques: métaux lourds, solvants...) Le plus connu de ces COV est le formaldéhyde (formol en solution aqueuse) présent dans les colles des
bois reconstitués, les mousses isolantes, vernis, résines et papiers peints, pour ne citer qu'eux. appartenant à la même famille de polluants, on recense le benzaldéhyde contenu
dans les peintures en phase solvant et les parquets traités à l'hexaldéhyde, mais présent également dans les livres et magazines neufs que l'on
achète.
Très en vogue, désodorisants et
parfums d'intérieur ne sont pas davantage exempts de COV: le site de l'OQAI (www.air-interieur.org) en donne la liste complète. Une lecture instructive comme celle du livre de Fabrice
Nicolino et François Veillerette, Pesticides, révélations sur un scandale français (Ed. Fayard, 2007), montre comment les pesticides utilisés dans le jardin se retrouvent tout aussi
présents à l'intérieur de nos demeures.
Autres sources de danger: les fibres minérales
artificielles (laine de verre, de roche) que l'on retrouve dans les doubles cloisons murales, les faux plafonds et les gaines techniques reliant les étages, sans oublier
leurs poussières disséminées dans les bâtiments par la ventilation, mécanique ou naturelle. Irritantes pour la peau et les yeux, elles sont classées comme cancérogènes
possibles. Quant aux champs électriques et magnétiques générés par le transport d'énergie électrique et le fonctionnement d'appareils électriques ou électroniques, ils provoquent un
échauffement des tissus vivants.
Nos maisons ne sont donc pas
toujours les nids douillets que l'ont imagine. Pour préserver votre santé et celles de vos proches, n'hésitez pas à interroger fabricants et vendeurs sur les émissions chimiques potentielles
des produits que vous achetez, si les étiquettes "ingrédients et consignes d'utilisation" ne sont pas assez précises ou explicites. Car de l'achat d'une peinture à celui d'une cire, en passant
par celui d'un canapé, d'une cuisinière, d'un tapis ou de jouets pour les enfants, notre pouvoir de consommateur peut se doubler, ne l'oublions pas, d'un pouvoir de boycott de produits trop
dangereux pour notre santé.
source GoodPlanet.org